C.E. Schelfhout

Charles Emmanuel SCHELFHOUT

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Charles
“Mon handicap n’est pas la fin”

Charles E. Schelfhout (65 ans) souffre de rétinite pigmentaire, à la suite de quoi il ne voit presque rien. Pourtant, il dessine toujours quotidiennement. « Avec un peu de bonne volonté, on peut quand même faire des choses très intéressantes même avec un handicap », dit-il. Ses œuvres d’art sont actuellement exposées à la Huis der Natiën.

Schelfhout sait qu’il viendra un moment où son handicap le rattrapera et qu’il devra définitivement ranger son crayon. “Ainsi soit-il. Il y a pire sur terre. De plus, j’ai ordonné à mes amis et à ma famille de me dire « stop » lorsque mes dessins ne semblent plus réalistes.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Depuis 2005, Schelfhout se passionne pour le dessin de voiliers. “Lorsque j’ai été incapable de poursuivre mes pratiques d’écriture et d’édition en raison de ma maladie, j’ai été perdu pendant un certain temps. Jusqu’au moment où j’attendais un appel téléphonique et de nulle part j’ai commencé à dessiner un petit bateau. Cela m’a fait réfléchir.

Interview vidéo par AVS 2015 :

Enfant, Schelfhout était passionné d’art. Il étudie au Centre des Arts Décoratifs de Bruxelles et rêve de devenir scénographe. « Jusqu’à ce que mon père me force à rejoindre l’entreprise familiale. J’ai oublié ma passion pour l’art. Ce n’est que lorsque je suis tombé malade que j’ai repris le fil.”

A l’aide d’une loupe vidéo, il projette ce qu’il dessine sur un écran. « Je ne peux plus voir ma main et l’œuvre elle-même. Mais en le projetant et en le grossissant jusqu’à trente fois, j’arrive quand même à dessiner. Au crayon blanc sur toile bleu foncé. « Parce que je ne perçois que le contraste entre le noir et le blanc.

Fil

Ce n’est pas un hasard si Schelfhout se concentre sur le dessin de voiliers. « Avec mes premiers sous, j’ai acheté un voilier. La voile est un fil conducteur dans ma vie et c’est mon grand rêve de naviguer un jour. C’est la seule chose dont je me souvienne clairement de ma mémoire. Parce que ma mémoire est ma seule source d’inspiration.

Entre-temps, le dessinateur a été accepté comme artiste officiel aux Peintres de la Marine Belge. Une reconnaissance qui lui fait plaisir. “Mon esprit est celui d’un artiste. Oui, j’ai un handicap, mais ce n’est pas la fin. J’ai de la chance de pouvoir encore dessiner.”

Traverser le brouillard

Et Schelfhout veut également diffuser ce message positif au reste du monde. C’est pourquoi il a fondé l’asbl Kunst en Leesblind pour encourager les compagnons d’infortune à sortir de leur isolement et à s’exprimer de manière créative. «Nous ciblons tout le monde en Belgique avec cela, car un handicap frappe à votre porte à l’improviste, quelle que soit votre nationalité, votre couleur de peau ou votre origine sociale. Avec cette organisation à but non lucratif, nous voulons démontrer qu’il est possible de percer le brouillard sous nos yeux, même si ce n’est pas toujours facile.

Élien van Wynsberghe

Gazet van Antwerpen/Metropolis Stad, ven. 17 mars. 2017.

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